02 avril 2008
Exposition "En Résidence" au CNBDI
Cette exposition, montée à la Maison des auteurs d'Angoulême l'an passé, va être remontée au CNBDI pour quelques semaines, plus exactement du 8 avril au 1er juin. Y seront exposées des pages extraites de Je/Elle et de Nos Guerres, projets que je conduis respectivement avec Vallie Desnouël et Laurent Bourlaud. Sera aussi proposé le livre des "Cinq ans de résidences" de la MDA à cette occasion (il est sinon facile à commander via le Comptoir des Indépendants). Voilà...
"Révolution et chocolat" de Minck & Suyapa
Mon ami Vincent Minck me signale la sortie du tome 2 (qu'il dessine) de Révolution et chocolat, série scénarisée par Mercedes Suyapa, le tout, chez Glénat. Une sortie qui me fait plaisir : Vincent, Glénat et moi, c'est tout une histoire... Plus d'infos et des visuels ICI.
"La cité du sang" de Eric Fournier
Une autre sortie, assez politique aussi (on aura compris le lien entre Révolution et chocolat et l'histoire du Nicaragua et le sandinisme en suivant les liens précédents) et très originale : La cité du sang, de Eric Fournier, aux jeunes et dynamiques éditions Libertalia. Un livre très original sur les bandes antisémites du marquis de Morès et de Jules Guérin, constituées en grande partie de bouchers. Voilà un livre qui viendra combler un creux dans ma bibliothèque... et dans pas mal de bibliographies.
03 avril 2008
Libé du jeudi
Dans le cahier Livres de Libération de ce jeudi, on apprend la sortie de Notes pour un roman sur la sexualité de Drieu La Rochelle* (chez Gallimard), le mauvais état des éditions Punctum et la bonne place du Montespan de Jean Teulé (chez Julliard) dans le classement Datalib des ventes de livres. Des choses aussi sur Sartre et Foucault, mais j'en ai déjà touché des mots ici.
* Si souvent insupportable Drieu... mais du talent, des éclairs de talent !
Sauver Punctum !
Suivant la petite note dans Libé, je me dirige vers le site des éditions Punctum, pour voir ce qu'elles disent. Et en effet ça ne va pas fort, allez lire l'éditorial en forme d'appel de Bernard Lefort. Je ne peux qu'inciter à sauver cette maison, l'une des seules à porter une réelle attention à la Révolution française, notamment à travers sa collection "Vies choisies" : Rousseau, Claire Lacombe, Jean-Victor Moreau. Pas mal d'autres choses bien, et ce petit essai, qui sort : Peut-on jouir du capitalisme ? de Luis de Miranda. Encore une fois, aider un éditeur en difficulté, lui permettre de continuer... cela passe déjà tout simplement par l'achat de ses livres. Je recommande le Claire Lacombe, figure ô combien peu connue de la Révolution (moins glamour que Marie-Antoinette, ceci expliquant cela).
04 avril 2008
Quilombo's news
Des nouvelles de la librairie Quilombo (l'une des newsletters que je ne regrette pas, tant d'autres que je n'ouvre même plus) sur leur site... Et l'éditeur mis à l'honneur ce mois est Les Nuits Rouges, qui a toute ma sympathie, notamment pour leur attention portée à la Révolution française (il faut encore lire Daniel Guérin, ne pas l'oublier).
05 avril 2008
Interview X. Löwenthal
A lire, cette interview récente et assez longue de Xavier Löwenthal, de la Cinquième Couche. Une vraie démarche d'éditeur, qui produit de beaux fruits : le dernier Poincelet ou le dernier Gosselin par exemple...
08 avril 2008
Joies de la souscription
Le moteur principal des souscriptions auxquelles j'adhère est bien entendu le soutien à un éditeur, notamment pour la publication de livres difficiles ou ne rencontrant pas forcément un public très nombreux. Mais ce qu'il y a de délicieux dans les souscriptions, c'est que l'on reçoit les livres alors qu'on les a quasiment oubliés. Je dis bien quasiment, et dans ce mot affleurent toutes les stances d'une attente qui sait qu'elle ne sera pas vaine. Voici donc ce matin, dans une pile bienvenue, ces deux ouvrages, fort divers (mais pas tant que ça, cf Saint-Just et Robespierre) :
- le numéro 133 de la revue Yellow Submarine consacrée aux "Envies d'utopie" et ouverte par un bel éditorial d'André-François Ruaud, près de 200 pages d'essais et de nouvelles sur un thème qui dit merde à la supposée (et absurde) "fin de l'histoire". A noter que YS est dorénavant adossée à l'éditeur Les moutons électriques.
- un formidable pavé de près de 500 pages consacré à un thème sur lequel la victimologie des pleureuses du choeur de la fin de l'histoire a assez déversé d'âneries pour qu'il soit sans cesse temps de l'interroger : Les politiques de la Terreur. 1793-1794 (aux indispensables PUR). Sans complaisance, dans la diversité, et la volonté de "chercher".
Souscrire, c'est aider l'édition de qualité, l'aider directement et concrètement. Une démarche saine et qui ne fait pas de mal au secteur de la librairie indépendante, car ne concernant que quelques ouvrages. Bref, le genre de geste à même de préserver la biodiversité culturelle et surtout ses meilleures niches...
Nathalie Heinich et Bourdieu
Passionnant recueil de Comptes rendus à... aux éditions belges Les Impressions Nouvelles, un petit livre rassemblant des articles de la sociologue Nathalie Heinich sur des penseurs comme Benjamin, Bourdieu, Latour, Elias (particulièrement bon, celui sur N. Elias). Le principe regroupant les textes est original, celui de l'explicitation d'un non-dit. Mystérieux ? Procurez-vous le livre, vous en jouirez. L'ayant emprunté à ma soeur, je compte bien m'en trouver un exemplaire à mon tour assez vite. Cela se lit très bien du reste, il y a là un style.
Dans la foulée de son court article "L'autobiographie paradoxale de Pierre Bourdieu", j'ai acheté et lu son Pourquoi Bourdieu chez Gallimard. Un livre franc, pas tendre, par une sociologue qui l'a connu, a été sa thésarde puis s'est séparée de sa pensée (tout en gardant certains de ses outils, devenus le bien commun de la sociologie, et au-delà). Une lecture - parfois trop - critique du phénomène et de la pensée "Bourdieu", intéressante et riche en réflexions... ainsi qu'en anecdotes.
Le débat est sain : ne pas sacraliser les gens, les lire, les critiquer, ne pas non plus détourner, affadir ou détourner leur pensée.
Paul Veyne, avec son livre récent sur Foucault, a ainsi voulu lutter contre l'incompréhension de la pensée (et de l'itinéraire) de son ami. Avec là une bienveillance dont le livre de Heinich se trouve assez dépourvu.
Deux livres éclairants sur deux oeuvres fortes en prise sur le présent.
"Le goût du paradis" de Nine Antico
Une nouveauté chez Ego comme X, l'un des "vrais bons éditeurs indépendants", est toujours bienvenue. Sur la foi de ce que je trouve sur leur site, je suis plutôt séduit par Le goût des autres de Nine Antico. A vérifier à présent en librairie, rien de tel que le feuilletage et le reniflage de livre pour s'en faire une plus forte idée, la bonne, celle qui mène ou non à l'achat, à la possession. Compulsive, maladive ? Il faut bien être drogué à quelque chose...
Nine Antico signera son ouvrage chez Ego à la librairie-galerie parisienne Le Monte-en-l'air le vendredi 11 avril à partir de 18h.


