BENITORAMA

Le site de David Benito

18 novembre 2006

1.

Antonin Artaud rugit et le couteau de Charlotte retombe sans cesse, coupable après chaque répétition.

Lui sait où il va, il connaît le but, il a tout deviné. Elle est aussi languide qu’une nymphe de Waterhouse : son action n’est que mythe.

Marat, c’est les Lumières. En lui éclatent l’avers et le revers de l’Aufklärung : il les polit sans cesse l’un contre l’autre.

Et Robespierre n’est jamais loin, tué chaque jour et ressuscité par le sang divin de Marat. Mais Robespierre, ce n'est plus exactement les Lumières : Robespierre, c'est Rousseau en action. La modernité brutale et nécessaire.

Marat chevauche d'un pas de géant puant, un peu de Goya dans ses poches élimées, deux siècles : celui de Voltaire et Diderot, et celui de Napoléon et Chateaubriand. Au fond, deux siècles en un, la scansion bat sur les tambours quand le champ de bataille est déserté.

Posté par david benito à 23:25 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]

19 novembre 2006

2.

Marie-Antoinette est à la mode.

Robespierre n'est pas à la mode. Il est OUT.

Quant à Marat, il gargouille dans une poubelle de l'histoire, déclamant à quelques oreilles conservées dans le formol de la fidélité, des lambeaux d'articles.

L'Ami d'un peuple sans mémoire, pressé de noyer les bébés dans l'eau salée.

Posté par david benito à 23:26 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]

20 novembre 2006

3.

Je lis et relis. C'est compulsif.

Il a été méprisé et avili, son buste a roulé à l'égoût.

Qui le plaint ?

Posté par david benito à 23:59 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]

21 novembre 2006

4.

Une insomnie où la tête bout.

Demain il montera à la tribune de la Convention. Et qui sait, on le laissera peut-être parler. Allons enfants de la Patrie.

Il est l'un et le multiple, tout ce qui fait peur à Taine.

Posté par david benito à 04:05 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]

23 novembre 2006

5.

On ne le comprend plus : son langage est de pierre.

On ne comprend plus les révolutions.

Chavez sonne drôle aux oreilles. C'est que la filiation est évidente : Miranda et Bolivar.

Posté par david benito à 08:25 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]

24 novembre 2006

6.

Il ouvrent de grands yeux, ils ne comprennent pas : un regard manga.

Oh comme cela est loin : un temps où les hommes appelaient la révolution. Mourir ou tuer. Appeler à tuer ?

Quel rapport entre Marat et Claude François ? Une baignoire.

Dalida a-t-elle chanté la Marseillaise, vous le savez-vous, madame ?

Posté par david benito à 23:45 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]

25 novembre 2006

7.

Marat, Marat, qu'as-tu fait de tes siècles ?

La bile et le sang écrivent l'histoire dans une grammaire des recommencements, mais les fins ultimes ne manquent pas. Et aujourd'hui ?

L'homme, orphelin d'une cause, est le père de la suivante.

Posté par david benito à 08:39 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]

8.

Le bon docteur... le docteur des pauvres... on croirait Céline.

(Mythe ou réalité ?)

Le paradoxe étant que pour le style, il me semble qu'il faudrait chercher bien plus du côté d'Hébert et de son père Duchêne. A voir...

(Céline est à lui seul une famille)

Et de toute façon, la comparaison - comme toute comparaison - s'arrête toujours sur une irréductible différence.

(Le consensus, c'est une illusion anglo-saxonne)

(Le consensus ça pollue les rapports humains mais un sourire c'est beau)

La chercher du côté du rapport de l'un et l'autre à la politique. L'homme politique devenu journaliste et touchant à la littérature par la création d'un style et l'écrivain contaminé par la politique en une tranche d'années où bien peu d'écrivains pouvaient l'ignorer.

Elle détruisit leur vie à tous deux.

(Opposition)

Marat, malgré ses découragements et ses critiques du peuple, croyait en l'homme.

Posté par david benito à 21:08 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]

9.

Marat dans son miroir pouvait observer un corps souffrant et un visage grimaçant.

Un buste de pierre avant l'heure, triste commandeur que l'on n'invite plus.

Posté par david benito à 21:39 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]

10.

Marat je ne dis pas que tu m'es indifférent seulement mon coeur ne vibre pas avec la même intensité, vibre-t-il seulement, je parviens à garder un regard assez froid mais un regard sympathique, je n'ai pas le même sur Danton et pourtant c'est devant sa statue que je deviens parisien, je bois du champagne et au dessus des cheveux fins d'Anne Simon plane l'ombre de Robespierre une hallucination, je ne sais pas expliquer cela je me mets à écrire je pense enfin savoir comme parler de Maximilien aux enfants, Robespierre ce n'est pas le mal oh non et lire le totalitarisme en copie de la Révolution française c'est absurde, on peut toujours comparer mais assimiler c'est détruire le sens des mots et le mal commence par là, les mots ont un sens le vider c'est vider la mer du lien entre les hommes, la Révolution mère des droits de l'homme et malgré les hésitations destructrice de l'abject esclavage, le général Dumas fut général de la Révolution puis Napoléon lui voua haine et mépris, Daniel Picouly a su écrire des choses, à Montreuil je discute avec un descendant de Carrier tout me tire vers l'histoire, trop de morts pleurent, toujours taper sur les faibles, ô vous les pleureuses ne cessez pas il y aura toujours sur la nuque d'un homme le talon de fer d'un autre.

Posté par david benito à 21:56 - MARAT PLAYMOBIL - Permalien [#]



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