14 décembre 2007

Le mandala prolétarien de PieR Gajewski

Je ne sais ce qu'il pensera de cette dénomination, mais c'est ce que m'évoque ce tournis des "temps modernes", une page de belle composition et fort impressionnante. Cela rend impatient de voir le projet avancer encore...

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19 décembre 2007

Ce qui vient

Le nouveau Manière de Voir (n°96), consacré à "la fabrique du conformisme" rejoint le Storytelling publié à La Découverte et d'autres publications sur le triomphe d'un certain "nouveau gramscisme de droite" (très éloigné de l'offensive "Nouvelle droite" des années 70-80) : une métapolitique clairement conservatrice et anglo-saxonne. Ce néo-conservatisme qui gagne la vieille Europe des Lumières et semble tout emporter.

D'urgence, lire le n°17 de ContreTemps : Lumières, actualité d'un esprit.

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27 décembre 2007

Une drôle de fabrique

Grosso modo, la fabrique du poujadisme*. Un peu comme quand je tente de demander l'Humanité dans certains petits points de presse de province...

* Sur le poujadisme précisément, cet autre titre, toujours aux Presses de Sciences Po.

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28 décembre 2007

"L'île de Ré terre protestante" de Pascal Rambeaud

Voici sorti un livre important qui fera date sur la question (aux éditions La Découvrance), par un vrai historien, spécialiste du protestantisme, mon ami Pascal Rambeaud*, dont la capacité à lire l'archive du XVIe siècle a toujours sidéré le myope que je suis. Je le conseille à tous ces parisiens (et jolies parisiennes) venant s'installer ou profiter de l'île et qui la verraient comme un lieu de folklore, entre ânes en culotte et quichenottes de pacotille. L'histoire, c'est le contraire du folkore.

* Auteur par ailleurs de La Rochelle fidèle et Rebelle (au Croît-Vif) et du monumental De La Rochelle vers l'Aunis. L'histoire des réformés et de leurs églises dans une province française au 16e siècle (éd. Honoré Champion).

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31 décembre 2007

A mes amis...

... ces quelques lignes, lues cet après-midi, pour terminer l'année avec Maximilien Robespierre : "Est-il un remède à tant de maux ? Pour moi, je crois que dans les grandes crises de cette nature, il n'y a que les grandes vertus qui puissent sauver les nations, et je ne suis pas du nombre de ceux qui jugeant la nation par eux-mêmes ou par leurs pareils, pensent qu'elles sont étrangères à la France." ("Adresse aux français", juillet 1791, Oeuvres de Maximilien Robespierre, T. XI Compléments (1784-1794), Société des Etudes Robespierristes, 2007, p. 375. En guise de voeux...

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06 janvier 2008

Sondage Livres hebdo

Ce sondage me ferait m'arracher les cheveux s'ils n'étaient ras. Barbery et sa nunucherie, la fin de XIII, le Quid... sont-ce là vraiment les événements importants pour le livre en 2007 ?

La mort de l'immense éditeur que fut Christian Bourgois, à laquelle Livres hebdo consacre par ailleurs un hommage dans sa revue, me semble chose bien plus importante : avec lui, c'est toute une époque, une génération d'éditeurs, qui s'en va.

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29 janvier 2008

Sepia

L'impératif d'amusement, l'homo festivus, le bougisme, voilà qui affecte grandement bonne part de la sphère bande dessinée. Moi, je m'amuse quand et comme je veux, pas sur commande, en pressant un bouton. Et il est des joies secrètes, des vues de l'esprit impartageables, tout ce qui animait les jeunes amants Sartre et Beauvoir par exemple : cela fait si longtemps que ça ? Les vierges rouges, militantes de révolutions en marche, godardiennes en diable, ennuyeuses et excitantes remâcheuses de logomachie, semblent à présent tellement sepia que l'on s'étonne à peine de vieillir.

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06 février 2008

Une demoiselle de la République

Lorsque j'étais ce petit garçon franco-espagnol très catholique, très croyant, je partageais avec elle seule un monde secret, merveilleux, dont les mystères du Moyen-Age véhiculés par la Contre-Réforme ne s'étaient pas tout à fait retirés, un espace fait de formules graves, de livres aux pages fines, de liturgie et d'encens, de goût d'hostie fondant dans la bouche, d'églises pleines de générations et de prêtres d'allure vénérable. Dans ma famille, républicaine, laïque, athée, opposée à une Eglise souillée par son soutien au franquisme, j'étais en quelque sorte le fils qu'elle n'avait pu avoir. Nous étions beaux et d'un autre âge, partant à la messe, un petit garçon rond frisé, bermuda et genoux brutaux, une grande dame sérieuse et belle en mantille, empruntée au XVIIIe siècle. J'étais croyant, je quêtais l'absolu à ma faible mesure, un personnage bergmanien mais perdu dans une Castille appauvrie et encore ivre d'orgueil. Je cherchais Dieu passionnément, dans le silence et la solitude, je détestais ma chair, je la punissais, je m'inventais des pénitences et des cilices artisanaux, j'espérais Le trouver en punissant la détestable enveloppe corporelle qui me retenait d'élans sublimes. Et puis avec l'adolescence, Il me déserta. Un vide énorme en moi, que remplaça, jeune Don Quichotte gavé de lectures que j'étais, un désir puissant de révolution. Mais fait-on la révolution dans un trou perdu de province, dans les années 80 ? Dans les années 30, en Espagne, le souffle était là et elle était belle, jeune demoiselle de la République, laïque, joyeuse, rebelle. Elle fumait avec grâce dans un porte-cigarettes, ou jurait comme un charretier lorsqu'elle était ivre, elle soutenait cette belle, si belle République, porteuse de fleurs, émancipatrice de toutes les vieilles pierres noircies, libératrice des chaînes ferdinantes, elle riait au ciel, soulevait son chapeau, et tout lui paraissait possible. Elle se fit couturière, femme libre et indépendante, éduquant des générations de jeunes filles pauvres, elle voulut suivre un bel officier italien, elle se maria, divorça, elle n'en fit qu'à sa tête. Lorsque je la connus, je n'imaginais pas cette jeunesse folle, je voyais la vieille dame catholique, sérieuse, moralisatrice, tendrement casse-pieds, douce et aimante, qui aimait me donner à dîner à moi seul, et m'entretenir de petites choses et de Dieu, de ces moments enchantés de ma jeunesse où j'avais l'impression d'être à la table d'une fée-marraine pouvant intercéder pour moi dans les royaumes fermés. Et puis l'autre image se superposa dessus peu à peu, et j'avais là, comme en moi, une icône des Deux Espagnes. Mais les Lumières, n'est-ce pas, les Lumières... Vieille, atteinte d'Alzheimer, malade, elle avait oublié Dieu, l'Eglise, c'était dans ses yeux rieurs la jeune fille un peu folle qui jurait joyeusement. Quelque chose de la fête inaugurale n'avait pas voulu mourir en elle et germait à nouveau.

A Tomasa Benito, demoiselle de la République espagnole, fille des Lumières, un salut d'espoir.

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08 février 2008

Cabarrus plonifiée

De ces livres peu connus et un peu improbables, que l'on trouve d'occasion dans les murs de l'excellente librairie MCL d'Angoulême, je ramène ce jour-ci, à petit prix, un Madame Tallien, royaliste et révolutionnaire, de la Princesse de Chimay. Un livre Plon de 1936. Bien des choses derrière tout cela, donc. Comme un relent de pré-Thermidor ?

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22 février 2008

Livre libertaire à Paris et à Lyon

Je me trouvais le week-end dernier à Paris, en compagnie d'Adélaïde, et outre l'expo sur l'Enfer à la BNF - qui rencontre un succès mérité - je suis passé à la journée consacrée aux livres libertaires qui se tenait au siège de la CNT-RP, 33 rue des Vignoles. Il faisait froid, hélas, et c'était en plein air, heureusement quelques sandwichs et un vin tout à fait correct étaient là pour revigorer des visiteurs quelque peu frigorifiés. Etaient représentées, avec leur production, ces maisons d'édition, que je cite de mémoire : CNT-RP, donc, Libertalia, Ab Irato, Rue des Cascades, Agone, Sens&Tonka. Il y avait aussi une longue table avec des centaines de livres d'occasion, et je repartais avec une pile, fort content. La même chose au printemps ou en été, et ce sera parfait ! On peut aussi retrouver ces livres via les librairies parisiennes Quilombo ou Publico. Par correspondance aussi, ça marche bien. D'ailleurs, Publico possède enfin un site en ligne... Enfin, la nouvelle édition du Salon du livre libertaire,  se tiendra les 31 mai et 1er juin 2008. Cela se passe à l'Espace d’animations des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille-du-Temple, 75004 - Paris. Métro lignes 1 ou 11 : station Hôtel de Ville. Entrée à prix libre.

Et à Lyon, il y a toujours l'Atelier de Création Libertaire (ACL), qui poursuit sa route et enrichit un catalogue déjà conséquent. Après un livre sur l'Espagne, Commissaire de choc, de Joan Sans Sicart, sorti fin 2007, voici un livre sur l'art et les artistes, L'infini saturé. Espaces publics, pouvoirs, artistes, de Michel Guet. L'ACL publie aussi Enrico Baj, Paul Virilio, etc.

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