22 février 2008

"Prologue d'une révolution"

Ma lecture de ces jours-ci, relecture plutôt, dans la très bonne édition qu'en donne La Fabrique : Prologue d'une révolution (février-juin 1848) de Louis Ménard. Pour qui n'a jamais entendu parler des cruelles et honteuses journées de juin 1848, où le prolétariat parisien fut en toute conscience massacré, voilà de quoi lire.

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01 mars 2008

Nord, Nord toute !

Me voici réinvité au Salon du Livre Policier de Lens cette année, à ma grande joie, grâce à Café Creed, j'ai pu découvrir le Nord de la France, ce Nord plein de contrastes, de vie, de générosité que j'ai aimé aussitôt. Je suis vraiment très heureux de revenir dans cette belle région qui s'ouvre à moi, via des salons du livre et de la bande dessinée, vers les gens du Nord.

(Nous serons une bonne petite équipe d'auteurs de bande dessinée là-bas les 28-29-30 mars : Jean-Philippe et Olivier Bramanti, Jean-Pierre Mourey, Aude Samama, Thomas Gosselin, moi-même... et quelques autres)

Pour me mettre dans l'ambiance et avant de retourner manger de la carbonnade arrosée de bières merveilleuses, entouré de belles grandes blondes à l'oeil bleu, vert, gris, rieur, je m'écoute à plein les oreilles les prolos chantants du MAP. Une musique qui me touche.

Des quartiers populaires de Lille à ceux de Caracas en passant par Barcelone ou Madrid, il se passe des choses en ce 2008, qui résistent à l'écrasement, au rouleau compresseur. La force populaire n'est pas morte, elle sommeille juste...

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14 mars 2008

"Adélaïde des confins"

Tout juste sorti :

Adélaïde des confins, poème en prose, aux éditions Café Creed, mars 2008, présenté en avant-première au Salon du livre. Mais en avant-première de quoi ? Bonne question, puisque suite à moultes galères et mésaventures, je n'ai pu faire qu'un très faible tirage "maison" in extremis, grâce à l'aide de Pier Gajewski (le maquettiste du livre), Carole Sionnet et Olivier Bramanti, que je remercie grandement !

Comme je remercie Martin Verges Rilla, peintre et dessinateur uruguayen que j'ai connu par le moyen de sa résidence à la Maison des auteurs, et qui a réalisé tout spécialement pour la 4e de couverture du livre, le portrait d'Adélaïde.

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© David Benito, Martin Verges Rilla & Café Creed

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02 avril 2008

"La cité du sang" de Eric Fournier

Une autre sortie, assez politique aussi (on aura compris le lien entre Révolution et chocolat et l'histoire du Nicaragua et le sandinisme en suivant les liens précédents) et très originale : La cité du sang, de Eric Fournier, aux jeunes et dynamiques éditions Libertalia. Un livre très original sur les bandes antisémites du marquis de Morès et de Jules Guérin, constituées en grande partie de bouchers. Voilà un livre qui viendra combler un creux dans ma bibliothèque... et dans pas mal de bibliographies.

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03 avril 2008

Sauver Punctum !

Suivant la petite note dans Libération, je me dirige vers le site des éditions Punctum, pour voir ce qu'elles disent. Et en effet ça ne va pas fort, allez lire l'éditorial en forme d'appel de Bernard Lefort. Je ne peux qu'inciter à sauver cette maison, l'une des seules à porter une réelle attention à la Révolution française, notamment à travers sa collection "Vies choisies" : Rousseau, Claire Lacombe, Jean-Victor Moreau. Pas mal d'autres choses bien, et ce petit essai, qui sort : Peut-on jouir du capitalisme ? de Luis de Miranda. Encore une fois, aider un éditeur en difficulté, lui permettre de continuer... cela passe déjà tout simplement par l'achat de ses livres. Je recommande le Claire Lacombe, figure ô combien peu connue de la Révolution (moins glamour que Marie-Antoinette, ceci expliquant cela).

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08 avril 2008

Joies de la souscription

Le moteur principal des souscriptions auxquelles j'adhère est bien entendu le soutien à un éditeur, notamment pour la publication de livres difficiles ou ne rencontrant pas forcément un public très nombreux. Mais ce qu'il y a de délicieux dans les souscriptions, c'est que l'on reçoit les livres alors qu'on les a quasiment oubliés. Je dis bien quasiment, et dans ce mot affleurent toutes les stances d'une attente qui sait qu'elle ne sera pas vaine. Voici donc ce matin, dans une pile bienvenue, ces deux ouvrages, fort divers (mais pas tant que ça, cf Saint-Just et Robespierre) :

- le numéro 133 de la revue Yellow Submarine consacrée aux "Envies d'utopie" et ouverte par un bel éditorial d'André-François Ruaud, près de 200 pages d'essais et de nouvelles sur un thème qui dit merde à la supposée (et absurde) "fin de l'histoire". A noter que YS est dorénavant adossée à l'éditeur Les moutons électriques.

- un formidable pavé de près de 500 pages consacré à un thème sur lequel la victimologie des pleureuses du choeur de la fin de l'histoire a assez déversé d'âneries pour qu'il soit sans cesse temps de l'interroger : Les politiques de la Terreur. 1793-1794 (aux indispensables PUR). Sans complaisance, dans la diversité, et la volonté de "chercher".

Souscrire, c'est aider l'édition de qualité, l'aider directement et concrètement. Une démarche saine et qui ne fait pas de mal au secteur de la librairie indépendante, car ne concernant que quelques ouvrages. Bref, le genre de geste à même de préserver la biodiversité culturelle et surtout ses meilleures niches...

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14 mai 2008

"La longue patience du peuple" de Sophie Wahnich

Enfin acheté le tentant dernier livre de Sophie Wahnich, La longue patience du peuple. 1792. Naissance de la République (éditions Payot). Que d'énergie dans ce livre, quel souffle ! Restituer la voix du peuple en son mouvement et appétit vers la République, avec empathie... On peut trouver, avant d'acheter l'ouvrage, un peu de lecture sur le site Révolution Française.net, l'une de mes destinations favorites.

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10 juin 2008

Autour de Babeuf

Reçus en ce jour :

- via la Poste : le n° 4/5 des Etudes babouvistes (2007), publiées par l'association "Les amis de Gracchus Babeuf", consacré au grand historien russe Daline

- via mon libraire angoumoisin, MCL : deux livres publiés par Les éditions libertaires : Buonarroti l'inoxydable, de Jean-Marc Schiappa (historien de la Révolution française, spécialiste du babouvisme et responsable de rédaction des Etudes babouvistes) et un original Le mandat impératif de la révolution française à la commune de Paris, de Pierre-Henri Zaidman (ce dernier livre coédité avec les Editions du Monde libertaire).

Voir des anarchistes s'intéresser au robespierriste puis babouviste et pré-communiste Buonarroti... cela peut étonner mais c'est un signe d'ouverture de leur part.

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22 août 2008

Robespierre athée ?

Allez dire ça aux mânes de Fouché, Carrier ou Chaumette ! C'est en tout cas ce que les regrettés Vidal-Naquet et Castoriadis ne pouvaient laisser passer, en 1979, à une époque où l'offensive furetienne était drue, mais où les grands penseurs étaient en pleine forme. Lire les textes ICI.

(Et reprendre au passage ce texte de Deleuze, de 1977)

En tout cas, en lisant cette phrase-ci, j'ai presque l'impression de sentir une bouffée mystique de Soljenitsyne : "quant à Robespierre, je vois mal comment lui refuser l’athéisme militant, la haine du "Dieu Un et Souverain", qu’il ne se lassait pas de revendiquer dans sa chasse aux chrétiens, à leurs prêtres, et jusqu’à leur calendrier…"

Pauvre Robespierre, on lui aura décidément tout collé sur le dos...

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30 octobre 2008

Carmen Cru, mémoire profonde de la Révolution

De passage dans un endroit cher où je stocke aussi des livres, je relisais cette nuit la collection complète des "Carmen Cru", l'oeuvre maîtresse du trop jeune disparu Lelong (éd. Fluide glacial) et je constatais combien, face à d'autres bandes dessinées, celles-ci avaient peu vieilli. C'est que cet univers s'avère assez intemporel, constitué de restes persistants de moeurs et pensées du XIXe siècle et du pompidolo-giscardisme. Lelong construit avec intelligence d'album en album, autour de la figure de l'horrible vieille dame, saynètes, personnages, situations et dialogues. Souvent drôlissimes les dialogues d'ailleurs mais aussi porteurs et révélateurs, du fait d'un humour cruel et éminemment "social".

La première histoire de l'album Ni Dieu ni maître voit arriver un "nouveau" locataire dans l'immeuble miteux qui jouxte la maisonnette de Carmen Cru. Il s'agit d'un duc tombé bien bas, ruiné par les dettes de jeu, et croyant trouver en la mère Cru une incarnation du "bon peuple" (il devait avoir trop lu La Varende). N'appréciant guère l'invasion de meubles qui se produit dans la cour - le malheureux étant passé d'un château à un 25m² - elle règle cela de la façon que tant la couverture comme le titre laissent prévoir : en pétroleuse post-communarde. Et héritière des incendies de châteaux de l'été 1789, car c'est là ce qu'elle fait, très explicitement*.

Avec des mots simples : "Je pensais pas qu'y avait encore des gens de cette espèce, faut qu'ils continuent à semer la pagaille. [...] Je croyais qu'on leur avait tous coupé le cou autrefois, mais y a de la négligence partout."

Carmen Cru témoigne par là - grande intelligence de Lelong qui cristallise cela en quelques pages - de la profonde imprégnation de l'événément révolutionnaire et de sa signification émancipatrice dans les classes populaires, ouvrières et paysannes au XXe siècle.

* Comment ne pas penser, de manière détournée certes, à "L'Anglaise et le Duc" de Rohmer, où le mobilier joue une si grande place, puisque contenu dans des décors de para-théâtre ? On le sait, le duc d'Orléans termina bien mal, après avoir été passablement ridiculisé en papier... lui aussi.

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