BENITORAMA

Le site de David Benito

01 octobre 2006

Photonarration

Je publie ici mes premiers essais en photonarration, plusieurs travaux à venir en la matière, un projet de livre, etc.

Ces travaux sont faits en collaboration avec le photographe Alberto Bocos-Gil.

Et je profite de cette page pour faire un peu de publicité à une copine photographe : Sylvie Tubiana.

Posté par david benito à 22:00 - PHOTONARRATION - Permalien [#]

Anna B.

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Textes : Collage d'extraits de Condition de l'homme moderne de Hanna Arendt

Photos : Alberto Bocos-Gil / Modèle : Ewa

Posté par david benito à 22:43 - PHOTONARRATION - Permalien [#]

02 octobre 2006

Aperçus TGV

[Tout s'est encore décalé ici. J'y remédie dès que possible]

Portraits fictifs mais possibles de voyageurs. Existences saisies à travers des fragments. Des aperçus, donc. Vie et rapport au train, au voyage. Saisir quelque chose en prenant le vif.

Trois aperçus TGV...

1. Philippe

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Il a fait des études d’informatique et pourtant c’est un magazine littéraire qu’il lit. A croire que Philippe a hésité entre plusieurs chemins et pris celui qui se présentait le plus facilement à lui. Les chemins de la vie, les vignes du seigneur, paître ces champs-ci plutôt que ceux-là...

Philippe aime lire en poche, un reste de ses années d’étudiant fauché, et surtout de la fantasy ou de la science-fiction. D’ailleurs, sur sa tablette se trouve posé "En approchant de la fin", le livre de Andrew Weiner, selon la quatrième de couverture, "une fin du monde comme vous n’en avez jamais lu". Le livre est bien avancé et il compte le terminer avant l’entrée en gare.

Bientôt, il va avoir vingt-huit ans et son amie l’a quitté tout récemment. Pourtant, il ne se sent pas malheureux, et après ce livre, il ira en acheter un autre dans cette petite librairie, une vraie libraire près de chez lui. Il n’a que des lectures d’évasion, mais déjà ce n’est pas si mal. Peut-être un jour écrira-t-il lui-même de la science-fiction, il aimerait. S’il ose. En attendant, il a un livre et un voyage à finir.

2. Bernard et Abdel

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Les automnes se suivent et se ressemblent pour Bernard et Abdel. Le 10 octobre les voit chaque année traverser la France de sud-est en nord-ouest, diagonale extrême, pour se rendre de concert au festival La fuite du Rock, à Trémordel ( en Bretagne, forcément en Bretagne ). Ils vont retrouver là-bas des amis des quatre coins, festives retrouvailles pour batterie, guitares, poules et vaches grasses. Ce festival commence à être un petit peu connu, au milieu de tant d’autres, grâce au relais de quelques radios et revues. Et les fanzines, bien sûr.

D’ailleurs, Abdel dirige un fanzine, TodoRock, dont Bernard tient, avec subjectivité et assiduité, la petite rubrique littéraire. Tous deux croisent la diagonale depuis Marseille, Bernard reste léger, Abdel semble porter au dessus de lui, arbre invisible, quinze générations de cigales.

Profitant du trajet, Bernard a eu le temps de finir un roman de Gombrovicz : il n’est pas sûr d’avoir aimé mais il a hâte de le chroniquer. Les deux jeunes gens - moins de cinquante ans à eux deux - se retrouvent à la voiture bar et partagent un café en souhaitant longue vie à leur fanzine. En arrière, leurs rêves, qu’ils ne confessent qu’à mi-voix, monter un label rock pour l’un, une maison d’édition pour l’autre. Ils ne sont même pas pressés d’arriver, que leur souhaiter ?

3. Mercedes

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Mercedes revient d’enterrer sa mère, décédée de ce que l’on nomme, plus par crainte panique de la mort que par pudeur, une "longue maladie". A l’aller, elle a beaucoup pleuré. Le retour, lui, est sec. Tout à l’heure, elle a souri au contrôleur. Un sourire triste mais franc, l’homme, décontenancé, a fini par toucher brièvement sa casquette, un geste de film.

Mercedes enseigne le français et le latin dans un collège public de Toulouse et malgré les difficultés et une certaine usure, elle aime son métier. Ses collègues disent d’elle qu’elle le fait bien, et pourtant, elle se sent toujours angoissée avant chaque début de cours, un peu perdue, comme si on lui passait les lunettes d’une autre.

Mercedes danse le tango tous les samedis, au sein de l’association Tango Toul, sa mère était argentine, son père espagnol, tous deux réfugiés en France, ombre portée des dictatures latines. Bercée par le train, elle rêvasse doucement et si le chagrin ne s’estompe pas, installé en elle comme une conscience vive de soi, durant ces quelques heures, la douleur se replie, le soleil chauffe à la vitre et le train avance.

Photos de Alberto Bocos-Gil.

Posté par david benito à 15:38 - PHOTONARRATION - Permalien [#]

Portraits de M.

M. se prête au jeu.

Regarde-moi dans les yeux. Vois-moi.

Je te vois.

Prête-moi de ta peau et perce le voile. Souris.

Non, je ne peux pas.

Pose encore et encore.

J'ai assez. Finissons, il est tard.

Merci.

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Photos : Alberto Bocos-Gil / Modèle : Morgan

Posté par david benito à 17:02 - PHOTONARRATION - Permalien [#]



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