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BENITORAMA

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20 février 2011

Quelques sorties récentes chez de bons éditeurs

- Kamerun ! de Thomas Deltom (La Découverte)

- L'histoire comme champ de bataille, d'Enzo Traverso (La Découverte)

- Les trois bonds de Wang Lun. Roman chinois, d'Alfred Döblin (Agone)

- Le mouvement ouvrier juif. Récit des origines, d'Henri Minczeles (Syllepse)

- Clio et les Grands-Blancs, de Jean-Pierre Biondi (Libertalia)

- Stefan Heym, Les croisés, (Les Bons Caractères)

- Esprits de feu. Figures du romantisme anti-capitaliste, de Michael Löwy et Robert Sayre (éditions du Sandre)

- Rébellions. La résistance des gens ordinaires. Jazz, paysans et prolétaires, d'Eric Hobsbawm (Aden)

- Les marrons, de Louis-Timagène Houat (L'Arbre vengeur). J'en parlais ICI.

- Marx au pays des soviets ou les deux visages du communisme d'Emmanuel Barot (La ville brûle)

- La Muse du peuple, de Philippe Dariulat (PUR)

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19 février 2011

"Langue des bourreaux, langue des victimes"

Dans la lignée de Klemperer, ce long entretien  sur le site "La vie des idées". Dauzat ne traduit pas seulement, il écrit de très beaux essais sur Jésus et le christiannisme, Friedländer est bien connu, notamment pour sa somme sur L'Allemagne nazie et les Juifs, leur commune attention à la langue pose ici une rencontre dense.

14 février 2011

A tout Robespierre tout honneur

J'ai fort peu dormi cette nuit et vers 3h00 du matin, j'avais recours à Jean Massin pour faire reculer les ténèbres. Il cite Robespierre : "Quel est le premier objet de la société ? C'est de maintenir les droits imprescriptibles de l'homme. Quel est le premier de ces droits ? Celui d'exister. La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d'exister; toutes les autres sont subordonnées à celle-là." C'est si simplement et élégamment dit.

14 février 2011

"Les marrons" - Louis-Timagène Houat

Une lecture de ce dimanche après-midi, Les marrons, un petit livre de 1844 de Louis-Timagène Houat, sur l'esclavage à La Réunion, une sorte de petit musée des horreurs coloniales en une centaine de pages (éd. L'Arbre vengeur, avec une belle couverture de Laurent Bourlaud).

Un petit roman très XIXe, avec des réminiscences XVIIIe (Candide), trouvant par moments des échos hugoliens (Bug-Jargal et Le dernier jour d'un condamné), un drôle de syncrétisme porté par le souffle de la conviction d'un roman à thèse et par une langue très riche, souvent imagée. Fanon et Sartre l'ont-ils connu ? Aucune idée...

Le livre, qui s'achève trop vite, a peut-être souffert sur le plan littéraire de la vie agitée de l'auteur, en proie aux persécutions, que la préface d'Eric Dussert restitue, mais il se lit bien... et marque l'esprit. Un court extrait qui en donnera idée (p.37) : "Si l'on ne nous tue pas, après nous avoir exténués de coups, on nous tord les membres, on nous lie, on nous sangle les deux pouces avec de la ficelle qu'on mouille, et l'on nous suspend ainsi durant des heures et des heures à l'un des arbres de l'habitation..."

Sur ces thèmes douloureux, l'apport de la Révolution française* fut immense, cf les recherches de Dorigny et Benot, et de bien d'autres.

On pourrait parler d'une "aporie Barnave" de François Furet... cela figurera-t-il dans la biographie que prépare Michael Christofferson ?

* Un grand moment du livre, se trouve être l'apparition d'un vieillard, devenu marron suite à la persécution des anciens propriétaires de sa famille, revendiquant sur lui, homme libre, un étrange "droit de suite en esclavage". Un comble de l'injustice... qui se heurte aux conceptions républicaines du vieil homme, ancien combattant en Europe des guerres de la Révolution : "car enfin, je suis soldat, citoyen français; j'ai vécu, j'ai longtemps servi dans les armées en France, j'ai été sergent, chef de poste , et je puis montrer les blessures que j'ai reçues dans les guerres... Eh bien ! après avoir versé mon sang pour les libertés en Europe, qu'est-ce qui m'arrive dans cette île où je suis né, où je croyais mourir tranquille ?... on me met hors la loi qui protège... on veut, malgré tous mes papiers, tous mes services, toute ma liberté, me faire ôter mes souliers, me rendre esclave..." (p.95). On sentait bien qu'en 1833, année où se déroule l'action, Robespierre comme Toussaint Louverture avaient été suppliciés "pour l'exemple".

13 février 2011

Vive la peinture dégénérée !

Une thématique très intéressante, et novatrice en bande dessinée, découverte en me promenant sur le site de l'éditeur Dupuis, ce Rose Valland capitaine Beaux-Arts. Suis curieux aussi de découvrir la seconde partie du livre, une "chronologie détaillée et très richement illustrée de photos et documents inédits d'époque".

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13 février 2011

Pour ne pas dormir

Deux livres à lire coup sur coup, si l'on a l'esprit ouvert, à tenir l'un contre l'autre, Terreur grande, de Jean-Pierre Milovanoff (Grasset) et le Staline de Domenico Losurdo (Aden). Puis faire quelques cauchemars.

11 février 2011

Des suppléments littéraires

Lu pas mal de presse en dernier, tout ce qui me tombe sous la main.

Bref, dans les suppléments littéraires de ces derniers jours, j'ai pioché certains titres intéressants (alors que je m'inflige Le viol de Nankin, un livre terrible mais qu'il faut avoir lu) :

- dans La Croix, la Revue d'histoire de l'Eglise de France, je ne savais pas qu'elle existait encore ! Eh bien si, et elle fête son centenaire. Comme quoi certains arbres résistent bien.

- dans Le Figaro, un bouquin de Michel Ragon (tiens, ils aiment Ragon, ce vieil anar vendéen !?), Ils se croyaient illustres et immortels. Un livre plaisant sans doute.

- dans les pages des excellentes Lettres françaises, ces deux livres :

* Le marchand de Lodz, d'Adolf Rudnicki (éd. Sillage)

* Trois femmes des Lumières, de Jean-Claude Hauc (éd. de Paris)

- et plein de trucs sur Michel Foucault dans les pages de Libération et du Monde...

10 février 2011

"Barrio" de Carlos Gimenez

Ce que le fascisme fait au quotidien, comme il rapetisse les choses, comment aussi on arrive à vivre avec lui, voilà ce qui est au coeur de la puissante oeuvre autobiographique de Carlos Gimenez. Après un épais volume de Paracuellos, voici, sous forme d'intégrale, Barrio, toujours chez Fluide Glacial. Une info trouvée ICI.

Plus qu'à attendre qu'un éditeur français puisse proposer 36-39. Malos tiempos, et je serai comblé !

En attendant et dans un genre assez différent, les lecteurs français pourront découvrir en mars L'art de voler de Kim et Antonio Altarriba, la traduction d'un album important sur la guerre civile espagnole, soit la biographie du père du scénariste dessinée par le célèbre Kim de El Jueves. Son dessin produit ici un curieux effet sur les lecteurs de Martinez el facha, comme un mélange de deux sirops, le plus fort finissant par prendre le dessus. Quelque chose de ce genre a dû opérer sur les lecteurs de Crumb, le découvrant en illustrateur de la Bible !

8 février 2011

Occasion perdue - encore quelques jours

Malade, foin de mon escapade parisienne, j'ai donc aussi raté cette exposition de la photographe Barbara Ryckewaert, dans le 11e. Encore quelques jours, pour ceux qui peuvent s'y rendre. Et l'occasion, dans ce même 11e d'aller faire un tour à Quilombo et Cambourakis, deux librairies au positionnement original.

4 février 2011

Kiraz et les femmes

Allez, la fièvre post-festival, la toux, voilà les conditions parfaites pour s'abîmer les yeux à lire sur écran ! Par exemple, cette interview de Kiraz sur Actua BD fait ma joie, j'ai toujours eu une certaine forme de tendresse grognonne pour lui.

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