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BENITORAMA
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1 octobre 2013

Quelque part là-bas

Parce que "l'univoque et furieux" nous est devenu en partie incompréhensible et d'une profonde altérité (c'est là le thème de mon album aux éditions Scutella)* et parce que nous vivons en Europe sous l'influence culturelle des religions du Livre (ce dont je me félicite), j'écoute de temps en temps Arkona, groupe russe folk**-métal-païen. Cette énergie fascinante et malsaine. Pas encore assez déprimé pour me laisser égorger par de (jolie)s prêtresses vierges habillées en peaux de chèvre !

* Et que Florence Dupont nous invite à voir dans l'Antiquité le territoire des écarts et non une matrice "occidentaliste". Disons qu'aller "poser" aux auteurs grecs et latins des questions présentéistes (et angoissées), comme on irait consulter Mme Irma et sa boule de cristal, n'a guère de sens. Cela ne réussit guère à Charlotte Corday en son temps... Mais ils nous sont évidemment précieux autrement !

** Lecteur de Hobsbawm, on devinera ce que j'y cherche en partie. Certes pas à combler un vide intérieur ou à assaisonner des graines au tofu.

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16 décembre 2013

Un hapax dans la fronde

Au moins signaler pour le moment le Hapax. Prolégomènes à une bande dessinée de droite de L.L. de Mars (The Hoochie Coochie). Une lecture où j'ai retrouvé bien des choses qui me tiennent à coeur ou à cran. Une sainte colère. A signaler concomitamment, le philologique Baudelaire de Benjamin à la Fabrique. Citoyens malheureux, lecteurs comblés : la tonalité d'une époque.

20 septembre 2013

Jaurès / Clemenceau

Dans L'Humanité, la transcription d'une partie du débat de la Fête "Jaurès et Clemenceau : ordre ou révolution ?". Un débat que je devais voir et que j'ai finalement raté... pour en voir un autre, en lien avec un projet à venir. Il existe aussi un autre Clémenceau, plus jeune, celui de la Commune de Paris, habilement mis en scène par Michel Ragon il y a quelques années.

 

3 décembre 2013

Pascal Rambeaud, historien

Passé un excellent moment hier soir en compagnie de mon ami Pascal Rambeaud. Lequel est non seulement une personne agréable, mais aussi un bon historien.

Voici son oeuvre majeure : De La Rochelle vers l'Aunis. L'histoire des réformés et de leurs églises dans une province française au XVIe siècle (Honoré Champion). Certes un peu chère, mais c'est la politique de l'éditeur... et le livre est bellement cartonné et édité. On peut aussi demander à sa bibliothèque publique de le commander, c'est là pleinement le rôle d'une bibliothèque publique, plutôt que d'acheter des best-sellers et de suivre les modes.

Et deux de ses livres :

- La Rochelle fidèle et rebelle (Le Croît Vif)

- L'île de Ré terre protestante (La Découvrance)

Ces deux derniers sont fort utiles pour accompagner un séjour "culturel" en terres d'Aunis. Evidemment, nul besoin d'être protestant pour lire l'auteur !

4 juin 2013

Diplo de juin

Déjà bien lu Le Monde diplomatique de ce mois de juin, même si la bête me résiste en général tout le mois durant, par petites bouchées (on y va, on y revient).

Un intérêt particulier pour le dossier sur le libéralisme, avec l'article de Lucien Sève sur la somme de Losurdo et l'article de Serge Halimi sur le dernier Michéa.

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7 mai 2013

Diplo en mai

Avec ce mois de mai, Le Monde diplomatique et notamment un excellent (et non dénué d'humour) "Epopée culinaire et renaissance entrepreneuriale" de Marc Perrenoud ainsi qu'une note de lecture donnant envie de se plonger dans La naissance du fascisme du grand écrivain Ivo Andric (un régal comme romancier), ou telle autre sur le livre de Martelli sur le totalitarisme.

31 octobre 2013

Pour moi-même

Quelques pistes bibliographiques tirées du Livres Hebdo d'octobre :

Préhistoire de la violence et de la guerre, de Marylène Patou-Mathis (Odile Jacob)

La guerre de 1764 contre les Indiens de l'Ohio, de Henry Bouquet (Infolio)

- La politesse des Lumières, de Philippe Raynaud (Gallimard)

- Etude sur Mirabeau, de Victor Hugo (Myriel)

1792. Entrer en République, ss. dir. Biard, Bourdin, Leuwers et Serna (Armand Colin)

Voyage de la Germania et la Hansa au Pôle Nord, collectif (éditions Decoopman)

Le Troisième Reich dans l'historiographie allemande , ss. dir. Cahn, Martens et Wegner (Septentrion)

17 octobre 2013

D'une étrange lecture

On m'a gentiment passé le dernier opus d'Edouard Balladur, un étrange ouvrage intitulé La tragédie du pouvoir. Le courage de Georges Pompidou (Fayard). Un Balladur berné, à qui Pompidou, son entourage et ses médecins mentent constamment sur la maladie et sa gravité, et qui semble en être satisfait... On peut bien se moquer ensuite des mensonges des dirigeants soviétiques (Brejnev and co). Un livre qui au final laisse plus de questions qu'il n'en résoud*. Etrange, vraiment.

Quant à l'autosatisfaction de l'auteur sur son rôle dans l'époque, on pourra facilement lui rétorquer cet ouvrage collectif paru à La Découverte, Une autre histoire des « Trente Glorieuses ».         

* En tout cas, si l'auteur règle quelque chose dans ce livre... c'est leur compte à Chirac comme à Chaban-Delmas. Le sens chrétien du pardon semble se perdre.

7 octobre 2013

Parlement (un peu)

L'endroit où je me fournis en feutres noirs fins (rapport qualité/prix imbattable) : la Boutique de l'Assemblée nationale. Le lieu est curieux et mérite le détour. L'antiparlementarisme oublie trop vite Danton et Robespierre, non ?

Parenthèse : la meilleure chose qu'aurait pu faire François Furet dans sa vie aurait été de conclure son Orateurs de la Révolution française* (La Pléiade).

Et pour interroger la chose parlementaire (au lieu de se contenter de cracher dessus), on peut prendre le détour de Parlement[s] et de Charles. Ou quelques autres.

* Même si tenir Robespierre hors d'un volume sur la Constituante est proprement hallucinant. Mais bon, j'aurais préféré juger sur une oeuvre finie, il serait apparu seulement pour le volume de la Convention, j'imagine. Injuste "compensation". Sans doute vaudrait-il mieux, avec les tomes suivants, tout simplement refondre et améliorer le I. On peut toujours rêver... Hazan est plus ouvert d'esprit, il aime aussi et malgré tout Danton.

26 septembre 2013

Sublime mélancolie

Ces phrases de Balzac dans La Peau de chagrin, assez parlantes en elles-mêmes :

"Il existe je ne sais quoi de grand et d'épouvantable dans le suicide. [...] Combien de jeunes talents confinés dans une mansarde s'étiolent et périssent faute d'un ami, faute d'une femme consolatrice, au sein d'un million d'êtres, en présence d'une foule lassée d'or et qui s'ennuie. A cette pensée, le suicide prend des proportions gigantesques. Entre une mort volontaire et la féconde espérance dont la voix appelait un jeune homme à Paris, Dieu seul sait combien se heurtent de conceptions, de poésies abandonnées, de désespoirs et de cris étouffés, de tentatives inutiles et de chefs-d'oeuvre avortés. Chaque suicide est un poème sublime de mélancolie."

25 septembre 2013

Aventures en U.R.S.S.

Parmi la jeunesse russe (ou plus exactement soviétique), un reportage passionnant d'Ella Maillart, auteure qui ne m'avait jamais intéressé, et pour qui j'éprouvais de fortes réticences. L'aventure, trop d'aventure, que l'aventure... Et pourtant ! Il y a là comme une anti Leni Riefenstahl, et son ouverture d'esprit comme sa fraîcheur font de ce livre un angle de vue inédit sur l'Union soviétique du tout début des années 1930... déjà bien avancée dans un processus stalinien et bureaucratique. Mais pas seulement ! Une vie bouillonnante aussi, et tous azimuts (avant l'essorage de la Grande Terreur). A lire, pour se faire une opinion, car voilà un petit livre vert comme un fruit, qui n'a pris que de belles rides.

16 septembre 2013

Imperial Boum IV

L'un des principaux bonheurs de cette dernière Fête de l'Huma ? Me trouver entouré de dizaines de milliers de personnes peu amies de l'unilatéralisme guerrier et des aventures impériales. Pour s'en convaincre, lire le quotidien L'Humanité toute cette semaine et ses comptes-rendus du bouillonnement de la Fête.

5 septembre 2013

"Histoire franco-allemande", une collection

Un pas en avant pour une histoire à la fois décentrée et englobante, et une autre entreprise éditoriale à soutenir, toutes les bonnes bibliothèques publiques devraient s'en munir : la collection d'Histoire Franco-Allemande aux éditions du Septentrion (11 volumes en tout). Comme une prolongation historiographique des câlins de président à président... Le volume 5 "Révolution, guerre, interférences" semble particulièrement excitant.

5 septembre 2013

Presses U

Il y a tant de bonnes choses aux différentes presses universitaires que le mieux est encore de s'y perdre comme moi, de naviguer à vue dans les méandres de riches catalogues. Voici deux bons instrument (connus lors d'un Salon du livre passé) :

- l'Association Française des Presses d'Université - Diffusion (AFPUD-D) / Et un livre important diffusé par leurs soins : Le spectre de la révolution noire, de Alejandro E. Gomez (PUR).

- Le Comptoir des presses d’universités (LCDPU) / Et ce très alléchant premier tome des Journaux et papiers de Stendhal (ELLUG), une entreprise éditoriale à soutenir.

2 septembre 2012

Un singe sur la frontière

Pour une trépidante réflexion matérialiste (les cathédrales, Robespierre, Napoléon, Marx, Jaurès... et la vie est belle) se reporter à cet intriguant petit livre de Bernard Naccache Marx, Engels et le singe (L'Harmattan). Quant aux actuelles découvertes sur les hominidés, elles compliquent encore le schéma des origines, sans que l'on sache trop à quoi s'en tenir. Tout bouge, tout se bouscule, et cela devient vertigineux. Ainsi, la dernière frontière...

22 mai 2013

RP x 3

- ce soir à Paris au CICP, un débat avec Enzo Traverso autour de Où sont passés les intellectuels ? (Textuel)

- les 25 et 26 mai, "Petit salon du livre politique" (Paris 20e) avec nombre de bons éditeurs, même Pontcerq y sera !

- le 29 mai, un débat d'historiens aux Archives de la Seine Saint-Denis sur le PCF et son organisation

23 avril 2013

Prix du Livre d’Histoire du Sénat

Je découvre la chose, qui existe pourtant depuis 2003. En voici la page... et la sélection pour cette année 2013. Pour ma part, je recommande le Alésia de Brunaux (Gallimard), que j'ai lu à sa sortie et qui fait brillamment le point sur la question*. D'autres ont l'air très bien dans la liste, notamment Le Rhinocéros d'or (Alma), longuement feuilleté au Salon du livre.

* Mais bon, il y aura toujours des dingos pour situer Alésia n'importe où !

10 octobre 2011

Observation

Un certain storytelling aurait-il du plomb dans l'aile ? Les français ne sont pas dupes, il y a une vraie intelligence populaire de tout ça, et ce même si Marat en désespérait parfois il y a deux siècles. Une nouvelle lecture de Michéa* peut aussi faire avancer les interrogations (mais ce dernier aurait grand tort de jeter les oripeaux avec le brillant des Lumières). Les hommes de bonne volonté et de culture ne seront pas de trop, face à la barbarisation qui gagne.

* Le lecteur que je suis espère surtout de Michéa - ou de l'un de ses "élèves" - une somme généalogique sur la "common decency"... quelque chose de l'ordre de Je chante le corps critique ou Les forçats de la mer. Une plongée en immersion dans les "archives" du peuple et de sa décence ordinaire] . 

21 novembre 2012

La part des choses

Ce n'est pas en blasphémant que l'on fera avancer la cause de l'égalité, de cela je suis convaincu : toujours du côté de Robespierre contre les mascarades anticléricales. Ou alors il faut le talent de happening des surréalistes ou des situationnistes... et cela se fait rare !

Si la réponse à la marée homophobe devait être une marée anti-religieuse*, autant se taper la tête contre les murs : la laïcité sert justement à cela, à contenir le religieux hors de la sphère politique. Et tout le monde peut vivre ensemble côte à côte, dans le respect de convictions différentes. Etant donné leur émiettement post-moderne, mieux vaut !

Peu alléché par des dessins soit-disant satiriques et bêtement anticléricaux, j'achète ce matin La Croix... surtout par curiosité pour deux pages sur la somme** consacrée à "Jésus de Nazareth" par Joseph Ratzinger. Il signe avant tout comme tel, et non comme pape (pour ne pas donner à ce livre le sceau de l'infaillibilité papale, cette étrange construction du XIXe siècle anti-conciliaire).

J'ai lu le premier tome lors de la sortie en poche (Champs Flammarion), je suivrai les autres de même.

Evidemment, ce me fut une lecture souvent difficile, parfois pénible : à la fois du point de vue de la hauteur théologique, mais aussi évidemment de la volonté de rebâtir sur le roc une orthodoxie catholique, post-Vatican II.

Très loin de ces conceptions, ce furent pourtant des heures de plaisir intellectuel que de lire ce "Jésus t.1", et je ne suis pas étonné de l'amitié passée entre Ratzinger et Küng*** : une très haute volée théologique et intellectuelle****, comme un rappel de ce qu'a pu être la naissance des universités au Moyen-Age.

Souffrir en lisant, comme sur des charbons ardents, mais parfois des oasis de fraîcheur et de paix. Ainsi, la réaffirmation claire et nette de l'anti-marcionisme : l'intrication de l'Ancien et du Nouveau Testament. En espérant que tous les catholiques croyants auront bien lu et assimilé ces pages-là, et leurs implications dans le siècle.

A chacun de se faire son idée sur ces livres, encore faut-il les ouvrir, ne pas se contenter de critiquer par la personnalité de l'auteur : trop facile et peu honnête.

Quant à la haute figure de Jésus... pour cela, je suis avec Robespierre et Danton. Elle dépasse les torrents de boue mal inspirée, souvent dictée par la paresse et le conformisme.

En décembre 1792, la Révolution bien avancée, Maximilien Robespierre évoquait "la doctrine sublime et touchante de la vertu et de l'égalité que le fils de Marie enseigna jadis à ses concitoyens" (cité par Paul Chopelin, dans sa mise au point sur "Robespierre, la religion et l'Etre suprême", in Robespierre. Portraits croisés, Armand Colin).

Enfin, lorsque le journaliste de La Croix dit : "Lire et interpréter les textes bibliques n'est pas un exercice simplement savant", on peut évidemment ne pas être d'accord (quid de tant d'exégèse du XXe siècle ?). Sans la foi, on peut tout de même lire et se nourrir de cela, et c'est heureux, comme l'on peut aimer entendre sonner les cloches : se voir rappeler sa finitude n'est jamais une mauvaise chose.

"Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas"... qu'ils soient sauvés sur terre... par la cité des hommes à construire sans cesse, liberté et égalité réelles, et pour tous.

Le reste appartient à chacun, comme un bout de jardin secret*****, hérité ou non de Gethsémani.

* La piquante tribune de Virginie Despentes dans Têtu restait mesurée sur ce point et subtile, faisant référence à "la paille et la poutre".

** Sollers en parle comme du "polar du pape" aux pages 17-18 du n°119 de sa revue L'Infini (Gallimard).

*** Je réserve la lecture complète de ses mémoires pour un été, sous des arbres cléments.

**** Passé des moments privilégiés récemment lors d'une braderie dans une bibliothèque diocésaine : sur les tables, des livres de religion, de théologie bien sûr, mais tout autant de littérature, de philosophie, d'anthropologie, d'histoire, de géographie, de sociologie, d'économie, etc. le tout dans un grand esprit d'ouverture. Un public très mêlé et bien accueilli par des soeurs ou des prêtres, qui certes ne demandaient pas à l'entrée le positionnement de chacun face à l'Eglise ou à la foi. Reparti les bras chargés et ravi de pareil accueil et de telle liberté d'esprit. Une expérience plutôt érasmiste.

***** Que Staline lui-même ne put détruire !

3 novembre 2011

En mensuel

- Les Lettres françaises n°87 (offertes ce jour avec L'Humanité) : j'en retiens les articles sur Nazim Hikmet, Erri De Luca, Elsa Triolet, Rameau et Ellen Meiksins Wood.

- Le Monde diplomatique n°692, le riche sommaire ICI (passionnant article sur la "grande muraille verte" d'Afrique). Et la critique de Nathalie Carré m'a donné envie de lire Mon oncle Napoléon, de l'iranien Iradj Pezechkzad (Actes Sud). Certainement avant cet autre.

17 octobre 2012

A.H.R.F. n°369

Le nouveau numéro des Annales Historiques de la Révolution Française consacré à "L'image de l'ennemi à l'époque des guerres napoléoniennes". C'est publié par Armand Colin, et écrit, comme d'habitude, par les meilleurs historiens de la période, en lien avec la Société des Etudes Robespierristes. A signaler également un "Robespierre collectif" dirigé par Michel Biard et Philippe Bourdin, donc entre de bonnes mains.

12 octobre 2012

"On n’a plus le temps..."

L'appel de Serge Halimi dans Le Monde diplomatique de ce mois d'octobre...

Ce journal est précieux, car unique en son genre et sa formule. Il donne matière à réfléchir, à comparer, à décentrer, à casser du cliché, créer du lien intellectuel*. Ce qui n'est pas rien par les temps qui courent, de simplification et de manichéisme.

On apprécie mieux certains articles que d'autres, bien sûr. On aimerait y voir plus ceci ou cela, mais enfin, c'est un mensuel : il suffit en général d'attendre le(s) mois suivant(s) pour trouver traités ses thèmes de prédilection. Et les articles et dossiers forment collection, c'est aussi l'ensemble qu'il faut voir, d'une très grande richesse. Quant à la somme bibliographique constituée depuis des années à travers les notes de lecture, voilà une mine aux veines profondes pour les amis des livres.

On peut l'acheter tous les mois en kiosque - ce que je fais depuis des années - ou bien s'abonner**.

* Exemple, dans le numéro d'octobre, celui qui s'établit tout naturellement entre deux articles placés à distance : "L’arabe, une « langue de France » sacrifiée" et "Qui défend encore le français à l’ONU ?". Une même absence de vision et d'ambition.

** Je signale aussi le numéro de Manière de voir à garder sous le coude en suivant les élections américaines. Lire aussi CECI dans le journal de ce mois.

8 octobre 2012

Ménades préhistoriques

Pour ce genre de paragraphe que j'aime Pascal Quignard - des phrases que l'on mâche longuement en tête : "La chasse totale définit le monde ancien de -80000 à -10000. C'est de très loin le plus long temps de l'histoire humaine. On appelle préhistoire l'extrêmement longue histoire de l'extermination de la mégafaune. C'est le véritable noyau de silence des sociétés humaines. Noyau de silence devant le sang. Intervalle mort où prirent essor les langues. Noyau de rire carnivore mêlé d'effroi sexuel où ce rire se reproduit. Noyau affamé de la manducation fascinée c'est-à-dire mimétique. C'est le chant dionysiaque.", in Les désarçonnés, Grasset.

2 octobre 2012

Un décès

Le grand historien Eric Hobsbawm* est décédé... un hommage aujourd'hui dans L'Humanité (signé Mazauric). Quand on se souvient des difficultés connues pour publier en France un livre important. Lire cette nécrologie** et surtout, lire l'auteur, puisqu'il ne reste plus que cela à faire... à nous qui  lui survivrons encore quelques années :

- Aux armes, historiens (La Découverte)

- Les Bandits (Zones/La Découverte)

- Les primitifs de la révolte dans l'Europe moderne (Pluriel/Hachette)

- Marx et l'histoire (Demopolis)

 - une édition augmentée de la somme collective L'invention de la tradition (Amsterdam)

- et son autobiographie Franc-tireur (Pluriel/Hachette), une bonne lecture ICI

Espérons que les éditeurs nous proposeront des inédits de Hobsbawm, par exemple des recueils d'articles pas encore traduits.

* Pour ceux qui voudraient faire "sa connaissance" oralement, cette émission. En lien, on pourra lire le livre de Michael Christofferson, Les intellectuels contre la gauche (Agone). A venir, sa biographie - très attendue - de François Furet !

** Voir aussi les deux pages dans El Pais de ce jour.

3 juillet 2012

Chroniques de Bernard Joubert

J'ai beaucoup d'estime et de sympathie pour Bernard Joubert*, c'est quelqu'un qui sait de quoi il parle, un auteur sérieux et méticuleux. Un excellent conférencier aussi, ceux qui avec moi l'écoutèrent évoquer BD Adult' au Conservatoire durant le dernier FIBD passèrent un grand moment !

Voici son nouveau livre, un recueil de chroniques sur la censure... logiquement nommé Chez les censeurs (éditions Sancho). Des textes parus dans feu Siné Hebdo si je ne me trompe.

* Quelques-uns de mes amis avocats ou juristes, s'ils passent sur mon blog, risquent d'envier la superbe bibliothèque Dalloz de l'auteur !

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