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BENITORAMA
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22 février 2008

"Prologue d'une révolution"

Ma lecture de ces jours-ci, relecture plutôt, dans la très bonne édition qu'en donne La Fabrique : Prologue d'une révolution (février-juin 1848) de Louis Ménard. Pour qui n'a jamais entendu parler des cruelles et honteuses journées de juin 1848, où le prolétariat parisien fut en toute conscience massacré, voilà de quoi lire.

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15 janvier 2012

On n'a pas encore tout vu !

[Jean-Claude Michéa a décidément du pain sur la planche concernant la "décence ordinaire"]

Une bien étrange initiative... que les Japonais seraient en droit de prendre pour une insulte. Offrir à des enfants de Fukushima un séjour en France, comprenant une visite au Louvre, aurait tout de même un autre sens.

11 septembre 2013

Les cheveux sur la tête

La tête que fait Olivier Besancenot lors de cette émission en écoutant Amoreena Winkler décrire son expérience sectaire... est sans doute celle que j'ai dû faire à la lecture du livre (Ego comme X). Un choc, oui, mais c'est ça le fichu monde dans lequel nous vivons. La "suite" paraît d'ici quelque temps chez le même éditeur.

30 décembre 2013

Longtemps après les Carolingiens

Lus dans L'Opinion ce lundi... les propos de l'historien et diplomate Elie Barnavi*. Une question, une réponse... et une comparaison quelque peu inattendue, mais pourquoi pas :

"Le projet européen, tel qu’on l’a connu depuis plus d’un demi-siècle, est-il toujours vivant ? Il n’est pas mort, même si son existence est quelque peu souffreteuse. Ses adversaires en tirent prétexte pour l’achever pour de bon. Mauvaise idée dès le départ, disent-ils. Risquons une comparaison : toute une historiographie hostile à la Révolution française en a décrit complaisamment les horreurs tout en idéalisant l’Ancien Régime. Mais la question intéressante est : pourquoi la Révolution a-t-elle eu lieu, si la monarchie absolue était aussi bien qu’elle le dit ? C’est pareil avec l’Europe, idée aussi vieille que l’Etat lui-même."

Quant à la conclusion de l'article, c'est tout à fait ce que ressentent des dizaines de millions de "citoyens" européens : où va-t-on ? 

* Peu fréquenté, surtout des articles dans la presse... mais je garde de bons souvenirs (anciens) de ses travaux sur la Ligue. A rééditer, d'ailleurs, puisqu'indisponibles. Feuilleté récemment en librairie, son Tuez les tous ! chez Perrin (avec Anthony Rowley).

8 mars 2012

Multiversité

Un cran après l'uchronie, encore un tantinet raisonnable... les vertiges des Multivers, et on trouve cela à La ville brûle, éditeur courageux et original. Je me promets de tenter de lire ce livre un jour, par exemple un beau jour d'été sans trop de soleil. Un ouvrage en tout cas indispensable aux auteurs et amateurs de science-fiction !

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8 mars 2012

Cela cherche...

Sur l'hybridation en cours, et ses tâtonnements, notamment agrégatifs et participatifs, on peut écouter ou regarder cette discussion. Les mêmes problématiques concernent de nombreux médias ou "bimédias", ce terme barbare et un peu effrayant. Et si j'achète peu L'Express en kiosque je dois dire, je le lis chez une douce et tendre amie, tout ce qu'il y a de plus abonnée. Les pages culturelles de cet hebdomadaire ne sont pas à dédaigner, après tout on y aime Mona Ozouf ou Mme de Staël*.

* Une fois qu'on s'est mis à fureter autour de Marie-Antoinette, la fille de Necker ou Olympe de Gouges... on peut bien finir par en arriver aux "Enragées" ! Rien n'est clos.

8 mars 2012

Semprun - dialogues

Au croisement de deux familles importantes pour comprendre l'histoire politique du XXe siècle espagnol, lui-même ayant passé au travers de tout ou à peu près des difficultés du siècle... Jorge Semprun est décédé il y a quelques mois, laissant derrière lui une importante oeuvre littéraire, dont Le mort qu'il faut (Gallimard) constitue un des sommets.

Dans ces entretiens remis récemment à disposition par Grasset, Si la vie continue, il notait ceci d'intéressant... sur les droits de l'homme par les baïonnettes [pp.140-141] :

« L’invasion de l’Espagne par Napoléon a provoqué un très grand choc culturel et politique. Napoléon, c’est la modernité, mais c’est le monsieur qui arrive avec son armée pour reconquérir Madrid perdue par son pauvre frère Joseph, lequel était un roi libéral, mais assez maladroit du point de vue militaire. [..] La modernité arrive dans les fourgons de l’étranger. C’est la plus mauvaise façon de la susciter dans un pays. En Espagne, le sentiment patriotique antinapoléonien est donc aussi une réaction… réactionnaire, si l’on peut dire. »

Stendhal, déjà, sur l'Italie...

8 mars 2012

HuffPostFr

A vrai dire, je ne sais encore que penser d'une créature aussi hybride que le Huffington Post, je m'y rends donc de temps en temps pour humer l'air. Tout dévorateur de papier que je sois, je passe pas mal de temps sur divers médias online.

Tout cela à la fois, donc : un média online, un agrégateur de contenu, un réseau social, un bloc de blogs... parmi lesquels celui d'Alexia Guggémos, qui m'apprend l'existence des "art girls". Espérons que, tout comme artpress parfois, elles s'intéressent à ce qui se joue de passionnant dans la bande dessinée contemporaine.

Quant à sa directrice française... seuls des machistes abrutis lui dénieraient le plein droit d'exercer par elle-même et sans pression voyeuriste une tâche pour laquelle elle semble faite... tel que se trouve établi actuellement le champ médiatique*.

Voyons ce que donnera le HuffPost à la française d'ici un an : sans doute lui faut-il encore s'étoffer en fond et en contenu dense.

* L'honnêteté intellectuelle, qualité qui se fait rare, relève aussi de cette décence ordinaire que Michéa défend si bien.

3 mars 2012

Dans un dé à coudre

Saluons la "Pléiade de Cioran", regroupant tous ses titres en français, tout de même 1728 pages. Je ne peux personnellement lire Cioran qu'à petites doses, c'est un alcool fort, brûlant, parfois désagréable. En ce moment, je ne pense pas qu'il me convienne. J'ai en tout cas un grand respect pour le prosateur en français.

[L'Herne a rendu disponible Transfiguration de la Roumanie, mais guère envie de lire ce texte-là des jeunes années roumaines : trop de venin des années 30 dedans. Un jour, par curiosité, et pour bien comprendre Cioran...]

Sur la question radicale du passage d'une langue à une autre, voir notamment cet ouvrage collectif*, sorti en octobre dernier**.

Que tous mes amis lecteurs de Cioran soient ici chaleureusement salués... et je recommande le stand roumain au prochain Salon du livre, il est toujours bien tenu et fréquenté.

* Pierre-Emmanuel Dauzat est quelqu'un d'important pour la pensée (comme auteur, comme traducteur, comme passeur), mais comme il n'est pas un agité médiatique, il reste encore bien méconnu. De ces auteurs dont on se passe le secret de bouche à oreille.

** Chez Pierre-Guillaume de Roux, et l'on peut certainement acquérir cet ouvrage à la librairie Contretemps à Paris, rue Cler.

26 juillet 2011

Le Pied de Biche - Paris 11e

Un endroit que j'aime beaucoup dans Paris, découvert en octobre dernier, et où j'espère exposer dans quelques mois : Le Pied de Biche, petite librairie-galerie tenue par la sympathique Tiffany Khalil, qui connaît bien son affaire. A découvrir de toute urgence, on s'y sent aussi bien qu'au Regard Moderne, au Monte-en-l'air ou à la Mauvaise Réputation, ses prestigieux "cousins".

2 mars 2012

CanarPoléon

Faisant le tri parmi des monceaux de presse, dépeçage de la seconde vie, cette chronique du Canard enchaîné (le numéro du 22 février), au ton si particulier : "A son corse défendant. De la pompe impériale à la déconfiture de 1815, six ouvrages font revivre une bien étrange aventure". Voici les six titres chroniqués (par Alain Dag'Naud) :

- Napoléon et ses hommes, de Pierre Branda (Fayard)

- L'effroyable tragédie, de Marie-Pierre Rey (Flammarion)

- La conspiration du général Malet, de Thierry Lentz (Perrin)

- Napoléon, empereur de l'île d'Elbe, de Marie-Hélène Baylac (Tallandier)

- L'abdication, de Jean-Paul Bertaud (Flammarion)

- La berline de Napoléon, ss. dir. de Jean Tulard (Albin Michel)

1 mars 2012

Question de fleurs

Pour terminer cette petite série de notes... Cyrille Schott, actuellement à la Cour des Comptes*, a eu raison de coucher par écrit ses souvenirs sur la relation entre le comte de Paris et le président Mitterrand, fournissant par là un nouveau matériau aux historiens. Une relation assez peu documentée, contrairement à celle avec le général De Gaulle.

C'est un expressivement nommé La rose et le lys, chez Plon, 200 pages trop vite avalées. La mise en relation dialectique du millénaire capétien avec le bicentenaire de la Révolution française n'est pas le moindre mérite de ce livre**.

Et tout cela comme pour nous assurer, d'une certaine façon très française, que Bernanos, Péguy et Jaurès n'ont pas existé en vain.

* Encore une création de Napoléon... un bicentenaire récent dont on a peu parlé.

** Il y  aussi un portrait sensible de François de Grossouvre. Au catalogue de la jeune maison Pierre-Guillaume de Roux, un ouvrage semble consacrer un chapitre à ce mystère.

2 octobre 2013

Avant l'enchère

Une bonne lecture pour le train... et aussi pour se tenir au courant, La Gazette Drouot. Une vieille dame de papier, mais qui semble bien se porter.

Tout à la fois un outil professionnel, un réceptacle à fantasmes divers et une source iconographique surprenante. On ne sait en effet jamais, numéro après numéro, ce que l'on va trouver, parmi les objets, tableaux, armes, sculptures... Du pire et du meilleur ? C'est là tout l'intérêt. 

1 octobre 2013

Ready made ?

Acheté Lui pour lire dans le train hier (avec L'Humanité, il fallait voir comment ces deux lectures intéragissaient)... j'en parlerai peut-être plus avant ici même. En attendant, cette voiture très particulière. Ben oui, une mitrailleuse, rien de tel pour écraser "la canaille" qui ne se contenterait pas de courir derrière en réclamant des piécettes. Si le Don Salluste du film avait eu ça ! Les tigres ont bon dos.

30 septembre 2013

Autochenille mon amour

Visité au débotté - et après diverses péripéties automobiles - une fort bonne exposition sur "La Croisière jaune", laquelle a réactivé  et réagencé en moi des souvenirs de "La cloche tibétaine".

C'est à Marthon, dans un lieu qui résonne et fait résonner, un lieu restauré avec goût et finesse* et qu'il faut vraiment découvrir en lui-même.

Des dérives psychogéographiques charentaises sont ainsi possibles... je n'en doutais pas, mais il est bon de le vérifier.

C'est donc "Expédition Citroën Centre-Asie. 1931-1932 : de Beyrouth à Pékin", photo, dessins, documents, film etc. à la Tour Saint-Jean de Marthon.

Comme je venais de lire Parmi la jeunesse russe d'Ella Maillart (dates, lieux, regard...), j'étais au bon endroit, au bon moment (et en bonne compagnie).

* Heureusement, Viollet-le-Duc est mort, paix à son âme comme on dit.

11 septembre 2013

Frustrations parisiennes

Comme je ne vais à Paris qu'en coup de vent ce week-end et pour la Fête de l'Humanité, immense espace rempli de livres, je vais rater :

- les derniers jours de l'expo Landru au Musée des Lettres et Manuscrits. On m'a dit beaucoup de bien du catalogue.

Parcours des Mondes, dont de précédentes éditions m'avaient enchanté. L'occasion de découvrir des pièces extraordinaires, très "chargées" pour le dire ainsi, presque inquiétantes. La gazette Drouot donne quelque idée de cette 12e édition dans son numéro 1329.

Me consolerai avec « Guerre et paix, Jaurès et Picasso engagés pour la paix ! ». Et quelques raretés bibliographiques, qui sait ?

9 septembre 2013

Rabats, je vous aime

Soit l'Histoire des intellectuels italiens au XXe siècle. Prophètes, philosophes et experts, de Frédéric Attal, aux Belles lettres.

Appétissant gros volume, sans doute en voie de devenir indispensable à de nombreuses bibliothèques, publiques ou privées... mais pourquoi ce gros livre important* n'est-il pas doté de rabats qui le protègeraient si bien sur le long terme ? Dommage. 

Un homme de goût de ma connaissance s'est mis récemment à couvrir (de plastique transparent) certains de ses (beaux) livres : je commence à comprendre pourquoi. 

J'adore cet éditeur et son catalogue, mais fichtre, des rabats... de bons rabats dodus !  

* Par exemple pour comprendre l'effervescence intellectuelle dans laquelle Gramsci a pu penser et écrire. Pour un exemple de cette effervescence, on peut consulter A la fête de la Révolution. Artistes et libertaires avec D’Annunzio à Fiume, de Claudia Salaris (Editions du Rocher), dont voici une bonne critique.

3 septembre 2013

Ce qui se termine

Dans une confrontation récente de points de vue, au titre un peu trop accrocheur, "La Révolution : pour ou contre Furet ?", Politis laissait le dernier (et juste) mot à Sophie Wahnich : "Peut-être de ce fait n'y a-t-il plus à être pour ou contre François Furet, mais simplement à affirmer que la période Furet est historiquement terminée." Et elle-même objet d'histoire, cf la biographie de Prochasson*.

* Ou, d'un autre point de vue, les écrits de Christofferson.

28 août 2013

C'est beau, un beau livre

En complément sensible de ce pamphlet sur la situation globale du livre en France, la beauté d'un livre précis. Le regarder, le toucher, le caresser (son cartonné), le sentir, le feuilleter (une très riche iconographie), lisser son signet, le placer, le déplacer. Un ensemble de gestes (en librairie, chez soi...). Que l'on ne peut dématérialiser.

28 décembre 2013

Robespierre en 3D

Quelque peu traumatisé par cette étrange reconstitution... mais brillamment vengé par Alexis Corbières.

Qui en profite pour saluer le gros volume tout juste paru chez Ellipses sur la postérité de Robespierre et les polémiques afférentes.

Et pour défendre comme il se doit le travail des historiens : "C’est donc là que se loge le plus scandaleux de cette petite histoire. Plutôt que d’inviter à lire et relire les œuvres et discours de Robespierre (y compris pour les critiquer sans concessions bien entendu), plutôt que d’évoquer par exemple la parution récente de l’excellent « Robespierre, la fabrication d’un mythe » (Editions Ellipses) de MM. Marc Belissa et Yannick Bosc, tous deux parmi les meilleurs spécialistes de la question, plutôt que d’inviter à lire les travaux d’historiens comme Guillaume Mazeau que j’évoquais tout à l’heure, mais aussi de Claude MazauricMichel BiardJean-Clément Martin et beaucoup d’autres (ne pas oublier l'immense Albert Mathiez ainsi qu'Albert Soboul), des médias font une large publicité à ce type de visage 3D. Pour résister intellectuellement, lisez les livres de tous ces savants. Sinon, à l'arrivée, le réflexe remplace la réflexion, et les nostalgiques de l'Ancien régime pullulent et passent leurs temps à salir de grands révolutionnaires et de grands patriotes sans lesquels notre pays ne serait pas le même."

Suivez mon regard

* Lui-même coauteur d'un essai en défense de Robespierre. 

26 décembre 2013

VF

Dans le Vanity Fair français de janvier 2014 (l'une des lectures partagées lors d'un récent voyage en TGV), n°7 donc, ces deux articles m'ont intéressé :

- celui sur "L'impossible réhabilitation de Louis Renault" qui présente les arguments des héritiers comme ceux d'Annie Lacroix-Riz. Imbroglio et déficit de common decency... avec moult argent à la clef.

- "PIASA, le hobby de Fabius". Sur une maison d'enchères méconnue. Je rappelle que Laurent Fabius est l'auteur d'un beau livre "mitterrandien" : Le Cabinet des douze. Regards sur des tableaux qui font la France (Gallimard).

22 avril 2013

"Composite" de Denis Bourgeois

Ce nouveau volume de littérature* chez Ego comme X bientôt en librairie... et j'ai la chance de l'avoir déjà en main.

Une bonne raison de se le procurer dès le 2 mai, parmi cent autres (principe du Composite) ? Le petit passage sur la Fête de Lutte Ouvrière p. 9.

La prochaine aura lieu bientôt, je la recommande au passage.

* Très belle maquette sobre et classe... une fois de plus, un petit éditeur en remontre aux grands.

28 décembre 2010

Empiromania

Merveilleux INA qui permet de retrouver ce moment étonnant, Valéry Giscard d'Estaing entonnant avec sa voix particulière et chuintante le Chant du Départ au cours de la campagne de 1974 (pour un autre aperçu de la campagne, cf le célèbre documentaire de Depardon).

Le chant révolutionnaire, fils de l'an II emporté et comme confisqué par Napoléon Bonaparte, sonne sans doute un peu violent à nos oreilles pleines de ouate et d'hypocrisie. Déjà que La Marseillaise, chant des Droits de l'Homme et de l'Egalité, semble écorcher les oreilles post-modernes.

Invité par Bibliothèque Médicis (avec l'historien Thierry Lentz), l'ex-président vient y parler de son uchronie napoléonienne. Je ne suis pas sûr que le placement de la divergence uchronique à Moscou soit la bonne, mais cela se discute évidemment (de quoi nourrir des kriegspels durant les prochains siècles, quant à moi j'ai prévu de relire Clausewitz en 2011).

Que vaut Le retour de la grande armée (Plon) ? Je n'en ai pas la moindre idée, mais c'est une énigme que j'irai prochainement  ouvrir en bibliothèque municipale. Par le croisement de la personnalité de son auteur et du sujet, par ce que l'un pense de l'autre par exemple, et comment l'autre resitue l'un, ce ne peut être que lecture d'intérêt.

A noter que si j'ai trouvé sous le sapin quelque lecture sur l'époque napoléonienne... il n'y avait pas ce roman-là.

Et pour ceux, dont je suis, qui ne pourront pas se déplacer à Bonn pour l'exposition "Napoléon und Europa. Traum und trauma", il faudra attendre 2012 pour une présentation partielle à Paris. On peut pour le moment se consoler en allant visiter "L'heure, le feu, la lumière 1800-1870. Bronzes du Garde-Meuble impérial et royal" à la Galerie des Gobelins.

Epoque qui se cherche et court, interrogative et craintive, derrière la silhouette trapue de Napoléon : voilà qui est passionnant.

16 décembre 2013

"Le socialisme de Charles Péguy"

Ah, voilà une lecture intéressante de Péguy ! Je m'en sens assez proche et j'aime Péguy, oui. J'applaudis donc des deux mains à ceci : "Confirmation que Péguy, malgré bien des tentatives de récupération, est fondamentalement inclassable". Ce qui fait tout son intérêt et lui permet de résister à ses lecteurs.

16 décembre 2013

Deux titres (Napoléon & Olympe)

- Un énième livre d'homme politique sur Napoléon (le thème est porteur, encore plus avant des élections), il s'agit de La campagne de France. 1814 (Tallandier) d'Yves Jégo. Je ne sais pas s'il y a là le talent "romantique" d'un Villepin, mais j'irai le consulter en librairie, curieux que je suis. Plutôt qu'une exaltation nationaliste, il me semble qu'il faut voir avec tristesse comment tant de contingents, voire d'armées, ont trahi dans les années 1810 la cause transnationale napoléonienne. Basée en filigrane et malgré tout - ce tout si important et souvent navrant qu'il peut cacher le reste - sur une organisation politique tirée de la Révolution et des droits de l'homme*. Il y avait bien un contingent espagnol dans la campagne de Russie** ! En 1812 encore*** ! Rien n'est simple ni réductible à la "seule France".

- Une nouvelle version des recherches d'Olivier Blanc sur Olympe de Gouges : Olympe de Gouges. Des droits de la femme à la guillotine (Tallandier aussi). Alors, je vois avec sympathie cette publication, je devrai peut-être même l'acheter alors que j'ai pas mal de choses de Blanc en bibliothèque déjà... mais ça non : en 2013, bientôt 2014, Olympes de Gouges est tout sauf "méconnue", à redécouvrir, ou plongée dans un injuste oubli ! On parle d'elle partout, on la pop-starise - après Marie-Antoinette et Charlotte Corday - on la statufie, on la panthéonisera peut-être etc. Et rappelons pourquoi elle est morte réellement, comme le fait Florence Gauthier. Et cela, quelque regard que l'on porte sur sa mort. La biographie dessinée de Bocquet et Catel (Casterman) me l'a d'ailleurs rendue un peu plus sympathique qu'elle ne m'était auparavant, et notamment en tant que dramaturge (cf Darnton).

* Puisque l'épée fut hélas tirée en 1792, lorsqu'on n'écouta ni Robespierre ni Marat.

** Un des meilleures textes de Perez-Reverte, non traduit si je ne me trompe, La sombra del aguila, porte là-dessus. Drôle et cruel. On pourra se consoler - pour le moment - avec Le hussard (Seuil). Même époque mais un tout autre ton.

*** Il suffit de voir comment les "afrancesados" et ilustrados" sont traités en Espagne par une certaine presse ou certains milieux... le passé, ça ne passe pas si facilement !

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